Alia Diop, discrète funambule

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Je suis venue pour la découverte et l’espoir de me reconstruire. Je suis restée parce que je suis tombée amoureuse de ce pays et de sa population.

Les subsahariens au Maroc s’illustrent dans plusieurs domaines de compétences que ce soit en entreprise ou dans le monde de l’entrepreneuriat. Alia Diop en fait partie. Cette femme a su montrer la voie aux plus jeunes de par son métier dans les Ressources Humaines d’abord puis dans l’orientation professionnelle en milieu universitaire mais aussi grâce à ses mots, qu’elle partage au gré de ses introspections avec les lecteurs de son blog. Rencontre avec cette amoureuse des mots.

Sénégalaise bon teint, la quarantaine, Alia Diop est arrivée au Maroc en 2007 après des études universitaires à Bordeaux, en France. « J’étais venue au départ avec très peu de vision si ce n’est le désir d’une nouvelle aventure professionnelle. Après mes études universitaires, je me retrouvais dans une voie de garage, un peu perdue entre la logique qui voulait que je trouve un travail et une situation familiale et personnelle très complexe », nous confie-t-elle. Et d’ajouter : « En clair, je ne savais plus sur quel pied danser. Le Maroc était une option de « la seconde chance ». Je suis venue pour la découverte et l’espoir de me reconstruire. Je suis restée parce que je me suis enfin trouvée, et parce que je suis littéralement tombée amoureuse de ce pays et de sa population ».

Une vie au service de l’Humain

Le parcours de vie d’Alia Diop est inspirant à plus d’un titre. Arrivée désorientée, en quête de sens, elle trouve son chemin et fait le choix, au fil de sa carrière, d’ouvrir la voie à son prochain. Elle a, en effet, une quinzaine d’années d’activité dans le recrutement, la communication interne, le développement RH. Elle travaille, à présent, dans le coaching et l’orientation professionnelle en milieu universitaire. « Dans le milieu professionnel, on tend à vouloir incarner une fonction, un rôle, des responsabilités… Tout est procédurier, forcé, contraignant ; quelques fois artificieux. Et le résultat est qu’on se retrouve confronté à de la résistance. Pour caricaturer : les « managers » imposent et sanctionnent, les « managés » contestent et se désengagent », précise-t-elle. Une image qui parle certainement à la plupart d’entre nous, confrontés à la dure réalité de la vie en entreprise. 

Pour avoir de l’impact sur ses collaborateurs, Alia a réinventé sa propre vision de la relation humaine en entreprise.« J’ai appris à écouter et à collaborer autrement pour avoir plus d’impact, en regardant les collaborateurs dans les yeux et en essayant d’interagir avec un peu plus de sensibilité. Alors bien sûr, ce n’est pas un exercice facile. On frôle parfois la sensiblerie ou le sentimentalisme ; on est souvent incompris. On nous manque de considération, etc. Tous ces risques font que cela demande une force de caractère indéniable. Néanmoins, pour moi, le bilan est positif. J’ai été la meilleure version de moi sous cette casquette RH ; je suis restée fidèle à mes valeurs et mes convictions personnelles, surtout dans l’adversité ; et c’est ma plus grande satisfaction », soutient Alia Diop.

Le Maroc, une terre d’accueil

Pour les subsahariens, le Maroc est une terre d’accueil et d’opportunités à plusieurs égards. Selon Alia, malgré les parcours difficiles, il y a beaucoup de success stories qui confortent le rôle positif que peut jouer le Royaume dans le développement du continent africain. « Si le Maroc est une porte qui s’ouvre à vous, venez-y sans a priori, valorisez votre individualité et apprenez des autres. Soyez indulgent et généreux avec vous-même et avec les autres car chacun porte sa croix. Au final, d’où que l’on vienne, nous voulons tous la même chose : le bonheur pour nous et les personnes que nous aimons », ajoute-t-elle.

L’écriture comme catharsis

Alia Diop est aussi une plume sincère et juste qui a publié, sous le pseudonyme Samra Dali, son livre Le voile de l’amour (Les Editions Baudelaire, 2020) et publie régulièrement des textes sur son blog. Ses textes sont une invitation à l’introspection, à la méditation, sous le prisme de la spiritualité et des textes sacrés.« Les mots impactent plus qu’on ne le réalise. Ils sont la source des traumas les plus profonds car ils laissent des traces invisibles, ancrées et font des dégâts parfois irréversibles. Ils ont cependant (et heureusement) le pouvoir inverse ; celui de panser, de réparer. Il faut savoir les utiliser à bon escient et avec les meilleures intentions », décrit-elle en parlant de son rapport à l’écriture. 

Et de conclure : « La communication est la clé dans le milieu professionnel ; énormément de conflits naissent à partir d’incompréhension et d’erreurs d’interprétation. À présent, je suis arrivée à un stade de pratique du silence car, comme l’adage le dit fort bien, la parole est d’argent mais le silence est d’or. Apprenons à dire des choses pour faire du bien ; sinon, taisons-nous ».

Portrait chinois

  • Si vous étiez un roman… Soufi, mon amour
  • Une couleur ? Mauve
  • Un moment de la journée…? L’aurore, (juste avant le lever du soleil)
  • Un plat ? Un plateau de fruits de mer.

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