Miser sur la jeunesse et les préalables au développement

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Fin mars, la capitale de la République du Congo a accueilli un sommet appelé Brazzaville International Youth Forum. Des panélistes, pour la plupart des jeunes, qui creusent leur sillon dans le continent pour semer la bonne graine, ont pris part à ce forum qui avait pour thème : « Relever les défis du développement ».

Quelque 1.500 personnes étaient présentes à cette grand-messe pour écouter ces jeunes entrepreneurs, hauts fonctionnaires et politiques prêcher la bonne parole, afin « d’inspirer, de susciter des vocations et d’inciter les jeunes à l’action ». Que de nobles intentions dont certaines ne manqueront d’être transformées en actions concrètes par une poignée de jeunes Africains ayant eu la chance d’être accompagnés pour entreprendre ou d’être bien formés pour s’insérer dans le marché du travail.

Formation et accompagnement sont immuablement les préalables, les deux pieds sur lesquels repose tout développement surtout quand il s’agit de l’Afrique, continent qui compte le plus de jeunes au monde. Selon la Banque Mondiale, quelque 200 millions d’Africains sont âgés entre 15 et 24 ans. Une aubaine, de la matière grise qui ne demande qu’à façonner l’avenir, une main-d’œuvre bien portante qui n’a d’envie que de bâtir l’édifice continental de demain, encore faudrait-il que toutes ces forces vives puissent s’exprimer pleinement.

Toujours selon la Banque Mondiale, 60% des chômeurs en Afrique sont des jeunes. D’autres chiffres, issus d’un rapport commun sur le futur du travail en Afrique de l’African Development Bank, l’Asian Development Bank, l’European Bank for Reconstruction and Development et l’Inter-American Development Bank, mettent en lumière les failles des politiques destinées à la jeunesse. Il met en exergue deux chiffres : sur 73 millions d’emplois créés entre 2000 et 2008, seuls 22% ont été occupés par les jeunes en Afrique ; et seuls 3 millions d’emplois formels sont créés par an sur le continent alors que 10 à 12 millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Cela fait beaucoup trop de jeunes laissés à la marge. 

L’Afrique a la chance d’être le centre du monde aujourd’hui et demain, en atteste la guerre de positionnement que se livrent les Européens, les Américains, les Russes et les Chinois pour s’y faire une place au soleil. Mais ce positionnement est paradoxal dans la mesure où en terme de développement, il y a tout à faire sur le continent, outre l’attraction que constitue ses richesses économiques. 

À l’Afrique de s’unir en mettant en place son propre modèle de développement qui passera forcément par la formation et l’employabilité des jeunes mais également via des politiques économiques qui font la part belle aux jeunes et prennent à bras le corps les fondements réels de développement du continent. 

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